Interview d'Antoine Lencou, auteur de Votre mort nous appartient
Science-fiction
Écrit par Deuskin   

Je vous propose aujourd'hui une interview d'Antoine Lencou, auteur de la novella de science-fiction Votre mort nous appartient. Mort, suicide, réincarnation et science sont au centre de ses écrits qui font réfléchir sur toutes ces thématiques. En quelques questions Antoine Lencou nous explique la génèse de son texte, ses projets, et surtout qui se cache derrière ce nom sur une couverture...

Mythologica.net : Bonjour Antoine, et merci de répondre à ces quelques questions. Tu es l'auteur, entre autres, de la novella Votre mort nous appartient qui est l'une des meilleures qu'il m'ait été donné de lire ces derniers temps. Pourrais-tu tout d'abord te présenter à nos lecteurs ?

Antoine Lencou : Bonjour. Premièrement, je suis très content que ma novella t'ait plu !
Deuxièmement, qui suis-je ? Quelqu'un qui n'aime pas beaucoup parler de lui ! (rires) Allez, si je me force un peu, je dirai que j'aime beaucoup la vie, que je suis foncièrement optimiste tout en voyant systématiquement le côté noir des choses (mais non, mais non, ce n'est pas incompatible !) ; que je ne sais pas rester en place ; que je dois occuper mes heures à 200 % pour être content…

Que je suis curieux de tout aussi. Et surtout de nos origines, de notre place dans l'univers, de la place de l'univers dans quelque chose de plus vaste encore. Qui se demande où loge ce endroit-là… Tu vois, des préoccupations très simples !
Sans doute est-ce pour ça que j'ai toujours été attiré par la SF qui est, pour moi, la seule littérature capable de répondre à ce genre de question. Ou d'en poser de plus ardues encore !

M.net : Dans ta novella la question de la mort et du droit à disposer de sa propre vie est posée. J'ai personnellement vu quelques-unes de tes inspirations (volontaires ou non) mais pourrais-tu nous donner à la fois les motivations du choix de ce thème et les inspirations qui t'ont imprégné ?

A.L. : En fait, j'ai abordé ce thème par hasard, en répondant à un appel à textes des éditions de l'Oxymore. C'était en 2002 ou 2003. Ils cherchaient des nouvelles sur le thème de la mort. Cela m’a tout de suite plu. La nouvelle que je n'ai finalement pas proposée s'est transformée en novella quelques années plus tard sous l’impulsion de Lucie Chenu qui m'a dit : pourquoi ne l'étoffes-tu pas ?
Tu parles de mes inspirations. Dans mon adolescence, j'ai dévoré les auteurs que l'on qualifie aujourd'hui de l'âge d'or. Isaac Asimov, Arthur C. Clarke, Hamilton, Van Vogt, Silverberg, Simak, Pohl… et bien d’autres. En même temps, je lisais beaucoup de policiers, de romans historiques, d’espionnage, de tout !
Nombre d’auteurs de SF ont écrit sur la mort. Je ne sais lequel m'a le plus imprégné comme tu dis. Un peu tous sans doute, et notre société aussi.
Dans les pays occidentaux, la mort fait peur, on la refuse. Il suffit de voir comment on traite la fin de vie, comment on la rejette, qu'on la confie à d'autres et comment on refuse de la voir en la cachant dans des instituts spécialisés.
Et comme la mort est un sujet sérieux, j’ai voulu m’amuser avec elle. Quoi de plus comique qu'un type qui veut mourir, qui finit par mourir, et qu'on ressuscite parce qu'il n'a pas demandé l'autorisation de se suicider avant ? Mais quoi de plus triste aussi…
J'avoue, j'aime jouer avec les paradoxes. Me moquer un peu. Me faire peur aussi, car beaucoup m'ont dit : je n'aimerais pas vivre dans ton monde. Je suis entièrement d'accord avec eux et j'ajouterai même, presque sans exagérer, que pour moi on y est déjà et depuis un bon moment…

M.net : Après avoir écrit une novella, ce qui est un exercice assez particulier, prévois-tu de te lancer dans un roman ? Si oui sur quelle thématique ?

A.L. : En ce moment, j'écris peu, mais j’ai tout de même quelques projets en cours, à des stades plus ou moins avancés et cela me ferait plaisir qu'ils aboutissent. Il y a quelques nouvelles et un roman. La mort y joue un rôle, encore. Notre avenir aussi. Ce sont des questions qui me passionnent et me passionneront toujours.

M.net : On a en ce moment la sensation que la science-fiction est en perte de vitesse face à une fantasy de plus en plus présente sur les étals. Cela ne risque-t-il pas de mettre encore plus en danger un genre jugé malheureusement trop souvent comme inférieur ?

A.L. : Je ne sais pas. Cela fait des années que j'entends ou que je lis : la SF va mourir. Alors oui, la fantasy prend de plus en plus de place en librairie. À mon avis, il y a là un effet de mode et de marketing. Mais je ne conçois pas une offre littéraire totalement privée des questions que soulève la SF sur notre société, son évolution, ses peurs face à l'avenir, ses espoirs… Et elle a aussi sa place pour nous distraire, nous amuser, nous faire trembler. La SF ne doit pas être une littérature élitiste, trop hermétique ou trop rébarbative. Et les autres que je lis aussi, ne le doivent pas non plus !

M.net : Tes lecteurs auront-ils la possibilité de rencontrer bientôt sur des manifestations ? As-tu déjà eu des échos de la manière dont avait été reçu Votre mort nous appartient par ceux-là même qui font ou défont le succès d'un livre ?

A.L. : Pour la première question, je serais à Nantes aux Utopiales et j'essayerai de me rendre à une ou deux manifestations parisiennes de la fin d'année.
Pour les critiques, celles que j'ai lues sur des sites Internet comme ActuSf, Phenix-Web, scifi-universe, l’Autre Monde, pour ne citer que ceux-ci, ou Mythologica.net bien sûr, m'ont fait bien plaisir. J'ai eu de bons retours également sur le site de Griffe d'encre ou sur des blogs de lecteurs. Ma novella amuse, fait grincer des dents et réfléchir, au moins un peu ! Mon objectif est atteint, je suis très content.

M.net : Merci beaucoup Antoine pour toutes ces réponses. Je te souhaite tout le succès possible pour ta novella et tes projets futurs.

Interview réalisée par Deuskin

 
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